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La civilisation et le travail

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de William Morris, 103 pages

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La civilisation et le travail de William Morris Préface d Anselm Jappe Cette année, le passager clandestin poursuit le travail de redécouverte de William Morris qu il avait entrepris en 2010 avec Comment nous pourrions vivre, en publiant deux conférences du socialiste anglais, dont la seconde était jusque-là inédite en français ; « Travail utile et vaine besogne », et « Des origines des arts décoratifs », réunies sous le titre La civilisation et le travail dans notre collection Rééditions. William Morris (1834-1896) était désigner textile, imprimeur, écrivain, peintre et architecte. Il considérait l ordre social capitaliste et le système technique comme les deux sources principales et convergentes du malheur moderne. Dans ses conférences, il critique les conditions du travail dans les usines, les formes artistiques créées par le capitalisme, la publicité (qui était encore à ses tout premiers débuts !), la production des faux besoins et désirs, l esprit de concurrence universelle... avec une acuité qui nous laisse stupéfaits quand nous les lisons 130 ans plus tard ! Il montre comment la civilisation moderne renouvelle et démultiplie les formes d exploitation et le gaspillage déjà à l oeuvre dans les sociétés esclavagistes ou de servage. À travers la division du travail, l industrialisation et la compétition capitaliste, l écrasante majorité de la population est maintenue dans un état de nécessité pour le profit de quelques oisifs détenteurs de l outil de production et du capital ; de surcroit, les membres de la classe laborieuse sont assignés à des tâches répétitives dépourvues de sens et à la consommation de sous-produits de mauvaise qualité... Il dénonce le régime capitaliste, puisque non seulement les travailleurs y sont exploités, mais aussi une grande partie du travail y est inutile, et l on produit surtout des objets nuisibles ou dont personne n a besoin. Morris comprend bien avant tout le monde que le travail moderne n est exécuté qu en vue de l accumulation de cette richesse abstraite qu est la valeur. Il ne récuse pas l idée même de progrès, mais dénonce le « Marché-Mondial » qui nous contraint à poursuivre la fabrication en quantités de plus en plus grandes de produits qui ne sont pas toujours nécessaires. Il se montre particulièrement sensible aux méfaits de la division du travail et demande de rétablir l union de la main et du cerveau qui, selon lui, caractérisait le Moyen Âge. Il note aussi, avec une perspicacité rare à son époque, les effets désastreux de la domination de la nature sur la nature même ! D autres aspects de sa pensée encore étonnent par leur actualité, que ce soit sa polémique contre la restauration des bâtiments du passé et la destruction du patrimoine architectural au nom de sa sauvegarde, sa méfiance envers les « experts », son rejet de l État et de la politique...

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