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QSJ? Queneau
de Jacqueline Blancart-Cassou - 128 pages
Raymond Queneau est né le 21 février 1903, au Havre, où ses parents tiennent une mercerie. Il fait ses études au lycée du Havre jusqu’au baccalauréat, puis à la Sorbonne, où il obtient sa licence de philosophie, et suit des cours de mathématiques. Depuis sa prime jeunesse, il tient son journal intime et compose des poèmes mélancoliques, mais non dépourvus d’humour.
Au retour de son service militaire effectué au Maroc, il entre dans le groupe des surréalistes, qu’il va quitter trois ans plus tard. En 1928, il épouse Janine Kahn,
dont il aura un fils. Il publie en 1933 son premier roman, Le Chiendent, et, bientôt après, Gueule de pierre, puis divers ouvrages semi-autobiographiques. Il entre en 1938 aux éditions Gallimard, dont il deviendra le secrétaire général.
Mobilisé en 1939, il n’est pas envoyé sur le front. Il est à Paris durant l’Occupation, sans son épouse, qui est juive et se cache en province. Il écrit alors deux romans, Pierrot mon ami et Loin de Rueil. Plus tard, il s’amusera à signer des œuvres du nom de Sally Mara, une romancière irlandaise imaginaire. Mais il s’intéresse surtout à la question du langage, comparant le français écrit au français parlé, publiant des Exercices de style, puis Cent mille milliards de poèmes. Il est l’un des deux fondateurs de l’Oulipo, « Ouvroir de littérature potentielle ».
Élu membre de l’Académie Goncourt en 1951, il est aussi un dignitaire du Collège de pataphysique. Son roman Zazie dans le métro, qui révèle toutes les facettes de son art, obtient un immense succès. D’autres réussites marquent cette période, avec la parution du Dimanche de la vie, des Fleurs bleues, et de nouveaux recueils de poèmes. Mais la maladie qui le mine met fin à son activité, et il s’éteint le 25 octobre
1976.
Albert Camus : « Les livres de Raymond Queneau sont des féeries ambiguës où les spectacles de la vie quotidienne se mêlent à une mélancolie sans âge.»
Elsa Triolet : «On dirait que l’auteur est tenu par une crainte du ridicule, par une pudeur implacable qui lui interdisent d’être banal et tendre.»
Georges-Emmanuel Clancier : « Si [Queneau] n’existait pas, il faudrait l’inventer, car la littérature de notre temps en serait singulièrement appauvrie.»